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René Lévesque et la communauté juive

 
 
 
Une lectrice commente ce livre en 2009 dans le site de critiques de livres, Critiqueslibres, ci-dessous :

Une communauté soucieuse de ses privilèges...

Ce livre reproduit le texte d’un entretien que Victor Teboul a eu, le 31 mai 1982, avec le premier ministre du Québec de l’époque soit René Lévesque. Cet entretien s’inscrit dans une série de quatorze émissions radiophoniques d’une heure intitulée « La communauté juive du Québec ». Donc, le texte qu’on retrouve dans ce petit livre est la transcription intégrale de la Société Radio-Canada.

L’arrivée au pouvoir du Parti Québécois de René Lévesque provoque une onde de choc au sein de la communauté juive québécoise à majorité anglophone. Les relations entre la communauté juive et le gouvernement Lévesque sont souvent tendues tout en restant correctes. Pour situer le contexte de cet entretien, il a eu lieu lorsque René Lévesque a été élu pour un deuxième mandat malgré la défaite de l’option référendaire de 1980 et la déprime qui a affecté les souverainistes suite à cette défaite. 

Parmi les thèmes abordés, on retrouve la découverte par le monde des horreurs des camps nazis avec René Lévesque en première ligne agissant à titre de correspondant pour Radio-Canada, la Crise de Suez de 1948, la perception de l’État d’Israël par la population québécoise, les discours teintés de racisme et antisémitisme de l’historien québécois Lionel Groulx, la restructuration du système scolaire québécois et la part qu’y jouera la communauté juive, l’inexistence de la représentation juive au niveau ministériel du gouvernement Lévesque, la position de René Lévesque à l’égard d’Israël et quelle serait la politique d’un Québec indépendant à l’égard de cet État entre autres. 

Victor Teboul résume bien l’esprit régnant chez les Juifs anglophones québécois face au gouvernement séparatiste de René Lévesque. Ils se sentent menacés dans leurs droits et privilèges et avec raison mais comment en serait-il autrement quand on a vécu pendant plusieurs générations en se tenant du côté des oppresseurs et en refusant d’apprendre la langue de la majorité et qu’on voit cette majorité opprimée prendre soudainement le pouvoir. De plus, la communauté juive anglophone a vu d’un très mauvais œil le rapprochement des juifs québécois francophones, les Sépharades, avec le gouvernement Lévesque et les privilèges que cette bonne entente leur a valu au niveau des subventions gouvernementales. Les juifs anglophones, les Ashkénazes, y voyaient une menace et une éventuelle division au sein de leur communauté. 

Une excellente analyse de la situation et des préoccupations de la communauté juive anglophone québécoise de l’époque par Victor Teboul. 

« Quand on devient un état et qu’on se comporte comme un état, forcément on devient critiquable. » (René Lévesque)

« Mais quand on est conditionné par ce que je vois de déformation et de propagande, en fait, constamment à sens unique, toujours méfiante, du côté de tout ce qu’on peut lire en anglais ici au Québec, toujours méfiante vis-à-vis de quelque affirmation que ce soit du Québec français, qui est quand même le fondement national du peuple québécois, on n’y peut rien, c’est la réalité, c’est l’histoire qui nous l’a transmise, puis il n’y a pas de raison qu’on s’excuse d’exister. » (René Lévesque)

« L’image respectueuse de la démarche démocratique de René Lévesque s’obscurcissait ainsi dès qu’il était question de la place prépondérante que son gouvernement désirait accorder à la langue française. Cette place que l’on allait donner au français devait se faire, toujours aux yeux de la communauté juive anglophone, au détriment d’une association, parfois chèrement acquise, avec les milieux de langue anglaise du Québec. Elle risquait aussi, selon cette perspective, de couper culturellement les juifs du Québec de leurs coreligionnaires du reste du continent. » (Victor Teboul)

Une précision : l'entretien a eu lieu en décembre 1981 et a été diffusé en mai 1982 à la radio de Radio-Canada - Victor Teboul.

Source : Critiqueslibres

 

Le Couac, Montréal, juillet 2001, p.8.

Sur le Lévesque essentiel
Par Pierre Vadeboncoeur

Victor Teboul est un auteur attachant, sensible à la complexité des choses, humain, avisé dans sa vision des êtres et des situations. En témoignait déjà son roman, Que Dieu vous garde de l'homme silencieux quand il se met soudain à parler, où il est question des sentiments et des perplexités d'un jeune immigrant juif arrivé d'Égypte avec ses parents au début des années soixante.

Victor Teboul publie maintenant un petit livre dont le sujet tient dans le titre : René Lévesque et la communauté juive. D'abord, quatre pages d'introduction comportant quelques lignes sur Lévesque au sujet duquel, dès 1970, l'auteur avait changé d'opinion : « Je me rendais compte alors combien il incarnait un idéal qui dépassait la cause indépendantiste. Il représentait des valeurs pour lesquelles nous, étudiants, luttions, quelle que fût notre religion ou notre langue, soit la dignité, l'égalité, la justice. Et sans doute représentait-il aussi une certaine forme de liberté ».

Ensuite, dans ce livre, on trouve une interview télévisée* datant de mai 1982 de Lévesque par Teboul, sur l'antisémitisme, l'Holocauste, la communauté juive au Québec, Lionel-Groulx, les opinions des Juifs en matière de politique québécoise, le nationalisme québécois, Israël, la question palestinienne, etc. L'interview est reproduite verbatim. On croit entendre Lévesque. Bon sens. Aucun apprêt. Sens de la vérité.

Enfin, un essai de Teboul, une dizaine de pages sur l'opinion juive (y compris ses divergences) au sujet de Lévesque, du Québec, du souverainisme. C'est une bonne étude, précise, mais trop courte.

Tout cela est à lire, avec intérêt et profit. Une belle objectivité s'en dégage.


 
* Diffusée sur la chaîne culturelle de la radio de Radio-Canada. (Note de rectification.)
La Presse, Montréal, dimanche 24 juin 2001.

L'autre côté de la médaille
Par Gérald LeBlanc

À mon ami Salomon Cohen. Cette dédicace à un ancien candidat péquiste dans la circonscription d'Outremont indique bien que l'auteur, Victor Teboul, se situe dans la minorité parmi la communauté juive de Montréal.

Dans son petit livre de 64 pages (René Lévesque et la communauté juive), M. Teboul veut démontrer que sa communauté, dans laquelle il fut et reste très engagé, n'est pas aussi homogène que les élites juives anglophones l'ont laissé entendre.

Notre professeur de français du cégep Lionel-Groulx reprend la transcription d'une entrevue d'une heure qu'il a faite avec René Lévesque et qui fut diffusée par la SRC le 31 mai 1982, et il l'encadre de sa vision des liens entre la communauté juive et le nationalisme québécois, courant auquel il s'est lui-même associé.

C'est l'occasion de vérifier l'exceptionnel talent de communicateur de Lévesque, qui sait encaisser les mauvais coups de son clan sans s'empêcher de signaler ceux de l'autre clan. Tout en admettant l'existence du courant antisémite catholique francophone des années 30-40, il rappelle le 150e anniversaire de l'octroi du droit de vote aux Juifs du Québec, 25 ans avant l'Ontario et l'Angleterre, et le témoignage du vieux docteur Goldbloom (le père de Victor et le grand-père de Michael), rappelant qu'il n'aurait jamais fait sa carrière de pédiatre à Montréal n'eût été des francophones car les établissement anglophones lui étaient fermés.

« En fait, l'arrivée au pouvoir du gouvernement Lévesque a représenté, pour l'élite juive de langue anglaise, une menace eu égard à son homogénéité idéologique et à son leadership », écrit Victor Teboul, qu'il faut remercier de nous présenter un aspect peu connu de la médaille juive de Montréal.
 
ICI Montréal, 14 au 21 juin 2001, p.33.

Par Pierre Thibeault

René Lévesque fut un des premiers correspondants de guerre à entrer à Dachau après la libération du camp de la mort. Il en restera profondément marqué comme nous le révèle la lecture de l'entrevue de l'ex-premier ministre réalisée par Victor Teboul et qui fut diffusée le 31 mai 1982. Plutôt bref, cet entretien nous permet non seulement de saisir la pensée de l'« internationaliste » Lévesque à l'égard de la communauté juive, mais il jette également un regard sur la relation entre Juifs et Canadiens français au cours de l'histoire. Bien sûr, le dialogue abordera l'épineux dossier du chanoine Groulx et Lévesque « patinera » un peu, jugeant « inacceptable » une partie de sa prose, tout en se refusant à condamner le personnage. Mentionnons également que l'entrevue fut réalisée quelques semaines après ce que certains appelèrent « la nuit des longs couteaux ». Même si le sujet n'est pas abordé, on le sent omniprésent dans les réponses de Lévesque.
Québec un pays, Montréal.

René Lévesque et la communauté juive
Par Gilles Rhéaume (Québec un pays.)

Les rapports entre les dirigeants politiques québécois et la communauté juive constituent un sujet d’études et de recherches qui mériteraient d’être davantage labouré autant par les experts que par les étudiants. Les résultats ainsi obtenus serviraient grandement les intérêts du savoir du passé québécois dont la reconstruction est une œuvre inachevée et constamment réorientée en fonction des nouveaux paradigmes de la discipline historique. Il reste tant à faire pour comprendre à quel point le cheminement du Québec est truffé de rebondissements renouvelés. Il y a peu de place pour les idées reçues en sciences humaines. Il faut, dans cette perspective, saluer tous les efforts consacrés à mieux cerner le vécu de la communauté juive du Québec. Cela est d’autant plus vrai en ce qui concerne les rapports que les Premiers ministres du Québec ont entretenu avec cette communauté qui est une des plus anciennes à s’être installée sur les bords du majestueux fleuve Saint-Laurent.

Le dernier ouvrage de Victor Teboul mérite donc pleinement d’être diffusé et médité. En rendant ainsi accessible cet aspect de la pensée de René Lévesque , l’auteur ouvre grandes les portes à des recherches futures qui ne pourront que contribuer à l’avancement des connaissances.

La communauté juive du Québec doit être davantage connue dans son processus historique. Les récentes découvertes démontrent déjà combien et comment ce passé est riche et beaucoup plus diversifié que ce qu’une certaine historiographie ne l’a prétendu depuis une trentaine d’années bien comptées. Grâce à des initiatives comme celles des Éditions du Septentrion des œuvres jusqu’alors inédites en français sont désormais à la disposition du public. Des colloques, des séminaires et des travaux jalonnent l’actualité intellectuelle dans ce domaine et c’est tant mieux ! L’auteur de cet opuscule fait une analyse fine et serrée de la nature des rapports entre cette communauté et le projet indépendantiste québécois. Son inspiration ferait l’objet d’un essai remarquablement pertinent si l’auteur pouvait continuer ses travaux. Ses pistes de réflexion commandent que d’autres publications s’engagent aussi dans cette voie. Il y a donc bien des raisons de lire ces pages.

Trois sections constituent l’ouvrage : une introduction de Victor Teboul intitulée René Lévesque et la communauté juive (pp. 11-17); la transcription des propos du Premier ministre qu’il a livrés lors d’un entretien diffusé à la radio de la SRC en mai 1982 (pp.19-52) suivi d’un texte de l’auteur nommé La communauté juive anglophone face au gouvernement Lévesque (pp.53-64). Le corps de ce livre est le texte de l’entretien radiophonique où Lévesque retrace les origines de son amitié et de sa solidarité envers le peuple juif. Ces pages se lisent avec délectation. C’est du René Lévesque à l’état pur avec ses images saisissantes et la force de son argumentaire. Les deux textes de l’auteur sont aussi fort intéressants car ils abordent avec franchise et ingéniosité des sujets par ailleurs délicats.

Il ne reste qu’à souhaiter que la diffusion de l’ouvrage suscitera d’autres efforts similaires marqués au coin de l’authenticité.


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